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1er OCTOBRE ALTERNATIBA AU VILLAGE EMMAUS LESCAR PAU

Vite notez cette date du 1er octobre. Informez le maximum d’amis , tout votre réseau, vos voisins pour que cette journée, ces conférences-débats soient un événement citoyens.

CHANGEONS DE SYSTEME PAS DE CLIMAT

ENSEMBLE C’EST POSSIBLE

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L’AVANT PREMIERE D’I FEEL GOOD LE 7 SEPTEMBRE


Vendredi 7 septembre, avant première du film « I FEEL GOOD » au Village Emmaüs Lescar Pau. Ils nous l’avaient promis, Benoît Delepine, Gustave Kervern, Jean Dujardin , Yolande Moreau, Philippe, Marius, Cécile , Mousse, Hakim et d’autres amis de l’équipe du film, qu’ils viendraient pour une avant première et présenter le film aux compagnons. Ces fût une journée extraordinaire de retrouvailles, de sincérités, d’émotions, de souvenirs, de musiques, d’amitiés, de simplicités, une journée de plaisirs, une journée qui restera dans nos mémoires.

Tous les membres du Village Emmaüs Lescar Pau s’y  retrouvent totalement dans ce film. Il correspond bien à l’Utopie, à l’espoir et au combat du Village. Ce film est un Appel pour plus d’intelligence de vie. Quelle fierté pour les compagnons de se voir sur grand écran aux cotés de grands artistes

Le film de Benoît et de Gustave est génial, et il est s’inscrit totalement dans l’actualité d’aujourd’hui, (les politiques doivent aller le voir). La musique de Mousse et Hakim est très rythmée et correspond parfaitement à ce film.

De l’humour, de  l’humain, de l’engagement politique, qui donnent de l’espoir, de l’envie de construire des alternatives. Un film qu’il faut voir et revoir.

Entre toute l’équipe du film et les membres du Village c’est une véritable aventure que nous avons vécus. Pendant le tournage, plus de trois semaines, on s’est rencontré, on s’est observé, on s’est découvert, on s’est respecté, on s’est apprécié, on s’est aimé… on ne s’oubliera jamais.

Allez voir le film « I FEEL GOOD » et en groupe reprenez la chanson de Mousse et Hakim.

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ALTERNATIBA

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 » I FEEL GOOD »


ENTRETIEN AVEC JEAN DUJARDIN

Que connaissiez -vous de Benoît Delépine et de Gustave Kervern avant de travailler avec eux?

Je connaissais Groland, bien sûr, et j’avais vu quelques-uns de leurs films, dont Mammuth  et Le Grand Soir. C’est d’ailleurs à l’occasion de la présentation à Cannes du Grand Soir , en 2012, que je les ai rencontrés. Dès ce moment nous nous étions promis de travailler un jour ensemble… Sur le tournage d’I Feel Good, j’ai retrouvé ce que j’apprécie chez eux depuis longtemps: une liberté de ton , subversive et poétique, qui s’exprime à l’intérieur d’un cadre fermement défini. Le cinéma de Benoît et de Gustave possède le sens de l’artisanat. C’est je crois, une qualité devenue rare aujourd’hui.

Au centre d’I Feel Good il y a un village Emmaüs situé non de Pau…

La découverte du village a été merveilleuse. L’endroit lui-même, mais aussi et surtout les compagnons qui y vivent, et la personne grâce à qui ce lieu existe: Germain. La situation aurait pu ne pas être simple et pourtant elle l’a tout de suite « t »: le tournage s’est fait de façon très chaleureuse et en grande proximité avec les gens qui vivent là.

Pendant un week-end un peu avant le tournage, j’ai pu découvrir le village , Pau, les alentours…Sans ce lieu il n’y aurait peut-être pas de film. Celui-ci, du moins, aurait été différent. Une partie importante de l’inspiration de Benoît et de Gustave vient du village: un entrepôt, une maison renversée, un wagon, tout cela donne des idées…

En quoi leur méthode vous a t-elle paru particulière? C’est la première fois que vous travaillez avec un duo de cinéastes…

J’ai admiré l’écoute et le respect qui existent entre eux. Ils se tiennent tous les deux derrière l’écran de contrôle. D’une certaine manière ils travaillent plus à l’oreille qu’à l’image, en tout cas quand ils ont trouvé le cadre. Ils s’écoutent et se regardent, pour être sûrs d’avoir obtenu ce qu’ils cherchent.

Ils sont complémentaires. Benoît peut avoir des fulgurances, décider soudain de changer une scène parce qu’il a trouvé quelque chose qui lui paraît plus drôle et qui , souvent, l’est! Gus , lui, est plus dans l’humain, les personnages: c’est dans les coins que ses interventions sont  décisives . Benoît et Gustave, c’est connu, ne font pas de champ contrechamp. Le texte, lui, est très écrit, et il peu être assez fourni. Dans le même temps, une idée ne cesse d’en chasser une autre. Il faut donc être très disponible, savoir s’adapter en permanence. Il le faut toujours au cinéma, mais encore plus avec eux! Ce qui est à la fois stimulant et éreintant. Pendant les quinze derniers jours du tournage, je ne dormais plus: mon cerveau était en ébullition constante, à cause de ce mélange spécial d’écriture et d’improvisation.

Dans I Feel Good vous apparaissez un peu vieilli, abîmé, différent de l’image qu’on a de vous…

C’est vrai. Et cela ne me gêne pas du tout. Au contraire. Je n’ai de toute façon aucun problème avec mon image. J’ai l’impression de la flinguer à chaque fois…J’ai besoin de ressembler au personnage, pas de me ressembler. C’est très volontiers que je me suis malmené, que je me tiens mal, me coiffe mal…J’ai pris du poids, je me suis voûté. I Feel Good estr un film sur des cabossés et Jacques en fait partie, même s’il se pense très différent. Et puis il me semblait d’autant plus important de bousculer la confiance de Jacques, d’y introduire de la fragilité…

Jacques tranche-t-il selon vous avec les personnage que vous avez l’habitude d’interpréter?

L’expérience de ce film a  particulière en raison du mélange de précision pointue et de liberté, mais le personnage, lui, ne tranche pas tant que ça avec mes habitudes. J’ai souvent joué les imbéciles lunaires qui ont l’obsession de réussir, parlent trop vite, ne réfléchissent pas et se prennent les pieds dans le tapis, tout en tenant des propos un peu transgressifs dont ils n’ont pas toujours conscience...De Brice de Nice à OSS117 à Jacques, il y a un cousinage. Je me suis senti très vite à la maison,. Jean-François Halin, qui a coécrit OSS , a travaillé avec Benoît aux Guignols de Canal+, et j’ai retrouvé des choses communes à l’un et l’autre. Je garde aujourd’hui avec moi des phrases de Jacques, comme j’en garde certaines d’OSS…

Comment s’est passée la collaboration  avec Yolande Moreau qui joue votre soeur, Monique?

Je ne connaissez pas Yolande, ou à peine, même si elle tenait un rôle dans le premier film où j’ai joué, bienvenue les rozes. Mais nous n’avions pas de scène ensemble… Yolande prend plaisir à tourner mais elle aime aussi , ensuite, retourner à sa vie. Elle se protège beaucoup de ce point de vue. Je crois que notre rencontre s’est notamment faite à cet endroit. Nous partageons tous les deux une forme de pudeur qui a facilité notre collaboration. L’un comme l’autre nous savions  que le plus important, c’était le et  son aventure collective;

Comment résumeriez-vous le propos politique , humaniste d’I Feel Good?

I Feel Good est un film qui dépasse la comédie : je le vois comme une « dramédie » au sein de laquelle la forme et le fond ne cessent de résonner. Et c’est justement ce qui m’intéresse, le double fond, quelque chose qui porte au delà des bons mots…

Pour résumer ce ^propos, je ne parlerais pas de l’opposition entre deux mondes, l’ancien et le nouveau, ce serait trop caricatural… Je crois que Benoît et Gustave ont simplement voulu mettre en forme ce qui se dégage du village Emmaüs . I Feel Good est très fidèle  à l’esprit du lieu. Celui-ci y apparaît comme une loupe, ou comme un rappel qui vaut pour le monde où nous vivons. Il faut bien voir qu ‘I Feel Good n’invente rien ! Benoît et Gustave se contentent de balancer un chien fou dans un univers qui existe, qui fonctionne très bien et qui est un modèle de vie, d’entente , de société auto-gérée…C’est quand même une chose assez admirable par les temps qui courent!

ENTRETIEN AVEC YOLANDE MOREAU

Que saviez-vous des centres Emmaüs avant de tourner I Feel Good?

Un certain nombre d’objets et de meubles qui se trouvent chez moi viennent de là… Il y a un beau centre pas loin de  l’endroit où je vis. J’aime bien le recyclage. Je connaissais donc déjà Emmaüs d’assez près. Mais je n’avais jamais vu de centre aussi grand que celui du film. Germain, qui l’a créé, a une philosophie et un tempérament, un charisme que j’admire. J’ai été marquée par notre rencontre, mais aussi par celle de sa femme et de ses filles. Germain est guidé par une utopie qu’il a su rendre possible. Il n’est donc pas si utopiste que ça! Et le film le montre très bien.

Votre personnage, Monique, fait le lien entre deux utopies, celle du village et celle du communisme, en laquelle croyaient ses parents, et dont la mémoire ressurgit à l’occasion du voyage en Bulgarie…

Oui. Peut-être l’utopie des parents de Monique n’a-t-elle fait que se transformer pour donner lieu à celle qui est appliquée dans le village… Je ne sais pas. Ce n’est sans doute pas aussi simple que cela. Il y a bien sûr des déçus du communisme, ils sont nombreux, mais une forme possible d’utopie persiste malgré tout, des associations, des regroupements : quoi qu’il arrive, on continue de croire au gens.

A ce propos, comment avez-vous travaillé avec le « groupuscule », comme l’appellent Benoît Delépine et Gustave Kervern, qui fait le voyage en Bulgarie?

C’est un groupe constitué de personnalités très différentes les unes des autres, mais qui n’en possède pas moins une unité. On y trouve aussi bien un acteur connu comme Lou Castel que Jean-François, qui n’est pas un acteur mais qui s’est occupé longtemps des repas sur les tournages de Benoît et de Gustave, et que je connaissais donc déjà. On pourrait parler de gueules cassées, mais je n’aime pas cette expression. Faut-il dire que ce sont des gens de tous les jours, comme les Deschiens l’étaient déjà? C’est à peine mieux… En tout cas j’ai pris grand plaisir à les découvrir et à travailler avec eux.

Et avec Jean Dujardin, comment s’est passée votre collaboration?

De très belle façon. Je n’avais jamais travaillé avec lui. Jean m’amuse. On ne s’attend pas forcément à le retrouver dans un rôle comme celui de Jacques, et ce « contre-emploi » me plait beaucoup. Jean est un bosseur qui fait son travail comme un artisan. J’aime ça. ce n’est pas une grande gueule. Il est gentil avec tout le monde. C’est un bon compagnon de travail. Que demande le peuple?

C’est la troisième fois que vous travaillez avec Benoît Delépine et Gustave Kervern, après Louise-Michel et Mammuth…

Oui, et cette fois j’interprète un personnage bipolaire. Monique est très attachée à son frère et en même temps elle lui en veut de mener la vie qu’il mène. Je trouve cela parfaitement logique et je le comprends très bien. D’un autre côté, j’étais un peu inquiète à l’idée de devoir passer en un instant du rire aux larmes. J’aime qu’on s’attache aux personnages que j’interprète. Il fallait donc éviter de décrédibiliser Monique, faire en sorte qu’elle ne se limite pas à délivrer un discours ou une pensée… J’ai beaucoup réfléchi et travaillé à tout cela avant le tournage. Si les mots sont importants dans un rôle, ils peuvent aussi me faire un peu peur. Je me suis efforcée, comme  toujours d’ailleurs, de penser à ce qu’il y a en-dessous des mots de Monique, afin que tout ce qu’elle dit soit intégré à son personnage.

Louise-Michel date de 2008: en dix ans, comment le cinéma de Benoît Delépiune et de Gustave Kervern a t-il évolué, selon vous?

Certaines choses que j’aime chez eux et dont je me sens proche depuis longtemps n’ont pas bougé: ils restent subversifs, ils continuent de traiter de sujets graves avec légèreté, sans avoir l’air d’y toucher. Ici ils parlent d’utopie- d’utopie possible!, mais aussi de la société actuelle obsédée par l’apparence, le pouvoir et l’argent. I Feel Good pourrait être un film plein de bons sentiments, or ce n’est pas le cas, notamment à cause de leurs trouvailles, de leur façon de réaliser… Je pense à cette assiette où deux personnes sont dessinées et que la soupe vient recouvrir à deux reprises. Ou encore aux moments où ils me filment de dos , ce qui est assez culotté, dans le bon sens du mot. Si on veut parler d’évolution , Benoît et Gustave sont sans doute plus confiants aujourd’hui qu’il y a dix ans, mais dans l’ensemble ils restent très audacieux et assez cinglés.

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« I FEEL GOOD »

« I FEEL GOOD » un film de Benoit Delépine et Gustave Kervern

avec Jean Dujardin et Yolande Moreau

 SORTIE LE 26 SEPTEMBRE

SYNOPSIS: Monique dirige une communauté Emmaüs près de Pau. après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques, un bon à rien qui n’a qu’une obsession: trouver l’idée qui le rendra riche. Plus que des retrouvailles familiales, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent.

Entretien avec Benoit Delépine et Gustave Kervern

Comment avez vous découvert le village Emmaüs Lescar Pau qui donne son décor, mais aussi son âme à I FEEL GOOD?

BD: C’est d’abord Jules Edouard Moustik le DJ lors d’un festival qui nous en à parlé, puis plus tard José Bové. Nous y sommes allés une première fois il y a cinq ans environ. Germain le créateur du lieu qui le dirige aujourd’hui nous a tout de suite très bien reçus. C’était capital: nous ne voulions surtout pas arriver comme un cheveu sur la soupe. Nous voulions apprendre à connaître les compagnons, mais aussi leur faire connaître notre propre expérience, partager notre projet avec eux…

GK: Le film est né du lieu. Et il est né de la manière dont le lieu nous a accueillis. Etre accepté par les compagnons n’est pas donné à tout le monde . Débarquer là-bas, c’est un peu comme franchir la porte d’un saloon dans un western…

BD: Germain s’est comporté avec nous exactement comme il se comporte avec les compagnons. Quand on discute avec lui, il interrompt parfois la conversation parce qu’il reçoit l’appel de quelqu’un qui, par exemple, sort de prison… Sans lui poser aucune question, Germain lui dit de venir: « On t’attend ». Il a fait pareil avec nous. il ne nous jamais demandé de lire le scénario. Il nous a fait confiance.

Qu’avez-vous trouvé de si particulier dans ce village, qui vous donne l’envie d’y tourner un film?

BD: Depuis que Gus et moi faisons des films, nous sommes, même sans le savoir, à la recherche de gens comme ceux qui vivent à Lescar-Pau… L’expérience qui se construit là-bas m’en a rappelé d’autres, par exemple celle d’un village danois, Christiania, où d’anciens babas ont retapé des maisons et développé une vie créative extraordinaire. Lescar-Pau est ce qui, en France, s’en approche le plus. Nous avons été estomaqués de découvrir une architecture colorée partant dans tous les sens… C’est interdit en France, mais le maire de Lescar le tolère, parce que c’est Emmaûs et que cela n’a jamais posé le moindre problème.

GK: Emmaüs nous suit depuis longtemps, c’est vrai…Il y a quelques années nous avions vu une autre communauté, en région parisienne. Et puis il y a quelque chose de commun entre Emmaüs et Groland: un esprit de compagnonnage et de solidarité, allié à un goût pour la marge.

BD; Germain a donné à ce village une signification politique unique qui, tout en allant dans le sens voulu de l’Abbé Pierre, laisse presque totalement de côté la religion. Germain a des combats assumés, qui vont de ceux traditionnellement menés par Emmaüs à des prises de position plus radicales, comme l’ouverture- elle a eu lieu pendant que nous étions- d’une Maison de la Palestine.

GK: Autant que possible, Lescar-Pau essaie de vivre en autarcie. Nous n’avons pas découvert tout ce qui s’y passe, notamment parce que pour Germain le lieu doit toujours rester en mouvement, « en marche » si on peut dire! Sans arrêt il se fixe de nouveaux objectifs et en fixe de nouveaux aux compagnons.

BD: Certains compagnons restent longtemps, mais le village demeure un endroit de passage. Et comme Germain ne veut surtout pas que les gens « s’encroutent », les compagnons passent de poste en poste. Ils en ressortent donc enrichis de nouveaux savoir-faire. C’est un lieu vivant, utopique, mais en action. Ce qui est rarissime.

Précisément, comment avez-vous fait pour être acceptés dans un tel lieu?

BD: Nous sommes venus plusieurs fois en amont. d’abord Gus et moi. Puis avec Jean Dujardin et son frère Marc, son associé, qui est coproducteur du film avec nous. nous avons installé au sein du village nos petits départements costumes et décors. Avant même le début du tournage il y a donc eu un certain nombre d’interactions et d’imbrications entre nos deux mondes. Les compagnons ont vu que nous n’incarnions pas le Cinéma, avec son glamour et son strass, et ils ont vu que la plupart de nos métiers étaient manuels.

GK: C’était délicat. Nous étions sur la corde raide… I FEEL GOOD  est une comédie, mais nous ne voulions surtout pas donner l’impression que le film se moque des compagnons ou de l’Abbé Pierre. Il fallait faire très attention. Certains compagnons ont d’ailleurs refusé d’apparaître.

A ce propos, comment avez vous composé le petit groupe que Jacques, le personnage joué par Jean Dujardin, emmène en Bulgarie? Est-il composé de compagnons?

BD: Nous aurions pu et c’était tentant, parce que les gens que nous avons rencontrés étaient tous passionnants, cultivés, avec derrière eux des histoires formidables, riches, bien souvent incroyables… Mais Gus et moi ne voulions pas créer de dissensions. l’équilibre existe au sein du village mais il est instable. Il ne fallait surtout pas le déranger.

Nous avons donc préféré faire appel à des amis. au sein du groupuscule on trouve donc Jo Dahan, chanteur de rock, ancien de la Mano Negra, qui apparaît souvent dans nos films; Jana, une actrice de Bratislava découverte dans un sketch de Groland, et que nous avions trouvée géniale; Elsa, une artiste de rue; Jean-Benoît, acteur belge que j’avais découvert à Clermont-Ferrant dans le Film de l’été d’Emmanuel Marre; un grand acteur comme Lou Castel, rencontré au jury du festival du film grolandais…

GK…et Jean-François, copain d’enfance de Benoît, boucher, traiteur, qui nous fait la cuisine sur la plupart de nos films, et qui a une gueule et une façon de parler tellement extraordinaire- un peu  à la André Pousse- qu’on s’était promis de lui donner un jour un rôle; et Marius, le chinois, que je connais depuis 30 ans, qui vit de rien du RSA, à Marseille, et apparaissait déjà, en garde-chasse, dans Near Death Expérience. Ces sept compagnons ont composé un groupe uni, comme une sorte de groupe au sein du groupe. C’était très beau. Et au milieu de tout cela, Jean Dujardin s’est vite mis au diapason.

La présence de Jean Dujardin est l’autre nouveauté d’I FEEL GOOD. Comment est venue l’idée de faire appel à lui?

GK:La rencontre a eu lieu à Cannes en 2012, lors d’une fête mémorable après la présentation du Grand Soir . Jean était déchaîné, au point de se casser le doigt en sautant dans la foule. Dès ce moment-là nous avons eu l’envie de travailler avec lui.

BD: C’était même plus qu’une envie puisque ,après le concert, dans les coulisses, nous nous sommes tapés dans la main en nous promettant un jour de travailler ensemble. Puis du temps a passé, nous avons tourné deux films, Near Death Expérience  puis Saint Amour…

GK: …et nous sommes retournés voir Jean. Il aurait pu être passé à autre chose. Mais il a répondu présent.

BD: Il y avait l’envie, intacte, de travailler avec lui. Et celle de le mettre en duo avec Yolande Moreau. De là sont venus le frère et sa grande soeur. Jean a été parfait avec les compagnons. Yolande, je n’en parle même pas: tout le monde l’adorait avant même qu’elle n’ arrive.

GK: Nous avons appris que Jean était originaire du coin. Il se sentait donc chez lui.

Jean Dujardin a une allure différente , moins flamboyante, que dans les rôles qui l’on rendu célèbre.

BD: Nous lui avons demandé de s’amocher. Il a pris quatre ou cinq kilos. Même s’il le reste un peu, il était impossible qu’un bellâtre déboule chez Emmaüs. Jacques est un loser, quand même. Jean possède une incroyable finesse de jeu. a chaque fois il trouve une nouvelle intonation, un petit mouvement de tête. Il dominait parfaitement son texte, et c’est justement quand on a bien travaillé un texte qu’on peut y introduire des petites nuances…

GK: La longueur des textes représentait un défi d’autant plus grand que nous tournons en plan-séquence et sans faire de champ contrechamp. Mais Jean a été rôdé par des milliers de sketches. C’est à la fois un bon mec et un bosseur qui a le plaisir de jouer et de proposer des choses…Il est très généreux dans son approche du jeu.

BD: Et il n’est jamais à côté de la plaque, ce qu’il apporte fait toujours progresser.

Qui interprète Poutrain, l’homme qui donne à Jacques la petite idée grâce à laquelle il espère devenir riche?

BD: C’est Xavier Mathieu, l’ancien délégué syndical de continental. Encore un de ces contre-emplois que nous affectionnons: le plus virulent des syndicalistes interprète une espèce de wineur macronien…

GK: On connait Xavier depuis Continental. Il avait déjà une scène, coupée au montage dans Saint Amour.

BD: Il s’en sort très bien, le texte n’étant pas simple. Et face à Jean Dujardin, il faut assurer. Même si , exceptionnellement, nous avons fait un champ contrechamp, afin de pouvoir montrer la réaction de Jean qui peste: « Putain,Poutrain... ». Mais si vous regardez bien , vous verrez  qu’on a retourné la vitre de telle manière que dans le champ et dans le contrechamp on ne voit, à chaque fois, que le  » Minus » de « Terminus »!

A un moment, on quitte le village Emmaüs pour la Roumanie d’abord, puis la Bulgarie… Pourquoi ce voyage?

GK: La Roumanie, cela fait partie de ces idées improbables auxquelles benoît et moi tenons parfois. La première fois que nous sommes allés en festival, c’était pour notre premier film, Aaltra, et c’était en Roumanie, à Cluj. Une expérience incroyable. nous avions obtenu le prix du jury en menaçant la foule… Nous étions tombés amoureux de ce pays, et nous nous  étions promis d’y retourner. D’où ce petit détour_200 kilomètres et un jour de tournage _ qui n’a aucun sens.

En Bulgarie, Jacques emmène le groupe visiter un étrange monument à la gloire du communisme...

GK: Je l’ai découvert sur internet. il en existe de nombreux dans ce genre. Celui-ci, situé en haut d’une montagne au milieu d’un paysage désertique, est ahurissant. Georges Marchais en personne l’a inauguré au début des années 1980. Les images de l’inauguration sont sur internet, c’est incroyable, tout ce faste… Aujourd’hui le monument est devenu un lieu de pèlerinage punk… Comme nous n’avions pas l’autorisation d’y tourner, seuls le chef opérateur et un assistant s’y sont glissés, et des sons ont ensuit été ajoutés sur les images.

Ce voyage est l’occasion pour vous de préciser le propos d ‘I FEEL GOOD , qui a trait à la place del’utopie aujourd’hui.

GK: C’est une question qui traverse tous nos films, pour trouver ici une formulation plus directe… Dans Louise-Michel, on voit un lieu dans l’esprit de celui-ci: le Familistère de Guise, dans le Nord, ouvert en 1868 par l’industriel Jean-Baptiste André Godin.

BD: Comme Godin était fouriériste, il avait construit ce palais où tous les logements avaient le même confort, où la cour était couverte pour que les enfants puissent jouer même sous la pluie. L’utopie a fonctionné pendant un siècle avant que le lieu ne devienne invivable pour cause de jalousie, de dénonciations…Quand on le voit aujourd’hui, il ressemble un peu à une prison. j’en parle parce que son échec, et celui du communisme, était inscrit dans son architecture. Alors que Lescar-Pau, lui possède une gaieté, une architecture qui intègre la différence… Ca change tout

C’est là qu’I FEEL GOOD  est un vrai film politique. Nous montrons combien l’individualisme forcené, la volonté de devenir riche pour devenir riche, sans penser aux conséquences, est une maladie. Aujourd’hui, plus d’un an après l’élection de Macron, on le voit très bien. Et on voit aussi que face au discours archi-cohérent de Macron, non seulement les discours adverses manquent de cohérence mais les vieilles idéologies communistes et collectivistes ne tiennent plus.

Ce que le film essaie de dire, c’est qu’il y a peut-être une voie possible à travers ces petits groupuscules humains qui s’aiment et se respectent. La notion de groupuscule nous importe depuis longtemps . De toute façon c’est clair: sans décroissance on va dans le mur. ON y est condamné, alors autant le faire bien. Et ces groupuscules nous semble un bon moyen.

Une dernière question: comment avez vous obtenu l’image, les couleurs d’I FEEL GOOD

BD : Nous voulions du contraste. Nous étions à la recherche d’une image différente , pas trop précise, pas une de ces images hyper-pixellisées qui enlèvent le mystère. Après plusieurs essais caméra, nous nous sommes arrêtés sur la Sony F3 avec objectif Canon, utilisée dans le film de l’été que j’ai évoqué. C’est comme ça que nous avons pu obtenir cet effet pastel qui peut rappeler les films de vacances ou les panoramas de notre enfance

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I FEEL GOOD

La séance du 7 septembre à 20H, du film  « I FEEL GOOD » au Village Emmaüs Lescar Pau est complète.

Vous pouvez rencontrer les artistes, Jean Dujardin, Yolande Moreau, les réalisateurs Benoit Delépine, Gustave Kervern et d’autres personnes de l’équipe du film après la projection à partir de 22H. A 22H30 le concert de MOTIVE est gratuit ( il ont fait la musique du film).

« Un moment de rencontres et d’échanges entre amis »

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CONFERENCE GESTICULEE

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« LE DROIT AU RETOUR »

OMAR et SAID , deux jeunes palestiniens de l’Association EMWAS de Palestine, et YVES de l’Association France Palestine Solidarité , vous présenterons la situation de la Palestine Aujourd’hui le mercredi 8 août au Village Emmaüs Lescar Pau.

EMWAS (Emmaüs en français) est un village palestinien qui a été détruit en 1967 par l’armée israélienne.

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