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Camille, compagne Colibri au Village Alternatif de Lescar

Si vous cherchez Camille, vous la trouverez à la Ferme, à esquisser quelques pas de Lindy-up en préparant les champs pour l’hiver. Jeune femme pimpante de trente et un ans, Camille est compagne au Village Alternatif de Lescar depuis deux mois. Un changement de vie radical qui lui a permis « retrouver goût à la vie ».

Qui es-tu Camille ?

Je suis originaire de Strasbourg et je suis juriste de formation. Je travaillais avec des mineurs isolés pour les aider à obtenir le titre de séjour dont ils ont besoin pour rester en France. J’ai énormément aimé ce travail, mais au bout de cinq ans je devais accompagner plus de 150 jeunes, j’avais l’impression de faire du travail à la chaîne sans prendre le temps de vraiment les connaître. J’ai quitté ce boulot en octobre 2019 et je suis partie pour un projet de tour du monde en voilier qui n’a pas du tout marché. Un peu sur un coup de tête, j’ai cherché un chantier solidaire et je suis tombée sur le Village Alternatif de Lescar.

Comment as-tu pris la décision de quitter Strasbourg ?

J’ai appelé Germain pour lui demander ce que je devais prendre avec moi. Il m’a simplement répondu de venir avec « mon envie de découvrir le village ». Son accent du Sud a achevé de me convaincre. Je ne pensais pas que venir au Village était aussi simple et aussi accessible. La première semaine que j’ai passée ici a été très forte, j’ai repris vie. Je ne dansais plus depuis un moment et dès que je suis arrivée, j’ai de nouveau envie de bouger.

Comment as-tu pris la décision de passer du statut de bénévole à celui de compagne ?

En arrivant ici, j’ai su que j’allais rester un moment. Germain m’avait prévenu qu’il ne fallait pas tout quitter pour venir vivre ici. Mais le pas était déjà franchi, j’avais tout plaqué depuis un an pour partir en voyage. C’était assez facile pour moi finalement d’engager ce changement de vie. J’ai voulu devenir compagne pour m’engager sur le long terme ici. En étant compagne j’ai senti beaucoup de respect de la part des autres compagnons. Certains m’ont serré la main, c’était très fort.

A quoi ressemble ta vie maintenant que tu es compagne sur le Village ?

Depuis un mois je suis au maraîchage. Je trouve ça passionnant de travailler le sol vivant, d’apprendre à respecter la Terre, d’en prendre soin. On fait du paillage et on prépare les bandes de terre pour l’hiver. Je m’occupe aussi un peu des animaux. Je prends des repères et je peux accompagner les bénévoles qui viennent de façon ponctuelle. Concernant ma vie dans la collectivité, j’ai une chambre, j’ai mes repas trois fois par jour au réfectoire. C’est un confort incroyable de vivre au Village : je n’ai pas fait mes courses depuis deux mois, j’ai pas besoin de réfléchir à ce que je vais manger et à chaque fois les repas sont un délice. Je n’ai pas à nettoyer mon linge et ça c’est un luxe fou ! Je ne suis plus encombrée de factures à payer. Le changement de vie est radical. On est extrêmement protégés et libres, surtout en période de confinement.