Quel « modèle » socio-écolo-économique mettons-nous en œuvre ? Que faisons-nous à notre niveau ? Avec quelles règles fonctionnons-nous à la Communauté ?
On est dans un système de gestionnaire. On s’oppose au formatage dominant. On constate que les jeunes ne sont pas intéressés par Emmaüs. Pourquoi ? Comment intéresser les jeunes ? Comment les interpeller ? Il faut qu’on les interpelle dans le cadre des chantiers solidaires. Où est l’âme d’Emmaüs ? Qu’est-ce que nous voulons vivre ? Comment voulons-nous le vivre ? Avec quel engagement écologique ? Avec quel engagement social ? Doit-on faire un Emmaüs qui réponde à ce que la société veut ou faire un Emmaüs qui interpelle, qui propose une autre utopie ? A travers le Festival, il faut qu’on fasse passer un message.
On veut permettre à la personne de se reconstruire. Les gens qui nous visitent sont emballés. Que peut-on faire après ? Beaucoup de nos visiteurs viennent dans un rapport de consommation, comme s’ils étaient dans un grand magasin. Il faut qu’on arrive à les interpeller, à les provoquer, à les amener à se poser les bonnes questions. Comment encourager d’autres initiatives parallèles ? Qu’est-ce qu’on veut vivre ? Comment ? Veut-on inventer d’autres modes de vie au quotidien, d’autres manières de vivre ensemble, d’accueillir, de se nourrir, de travailler ? etc. Comment trouver d’autres manières de s’épanouir (autrement que par le consumérisme, l’assistance, etc.) ? Comment se fait la reconstruction personnelle au profit de la collectivité ? Il faut qu’on propose autre chose.
Comment les moyens financiers qu’on dégage nous permettent de vivre une autre alternative à construire ? Qu’est-ce qu’on peut faire de plus ? Comment toucher tous les domaines : écologique, économique, culturel, social, etc. ? Par la sensibilisation, par l’affirmation fière de ce qui se vit et de ce qu’on vit.
Beaucoup de personnes qui vivent des situations terribles dans les entreprises sont admiratives voire envieuses de ce qu’on vit à Emmaüs Lescar-Pau. Les gens souffrent parce qu’ils ne trouvent pas de sens à donner à ce qu’ils vivent. On peut leur proposer du sens en leur montrant qu’en vivant autrement on peut s’en sortir.
C’est toute une évolution personnelle que l’on doit vivre, quelque soit notre passé, notre statut, etc. Petit à petit on développe une sensibilité. Comment peut-on créer de l’envie ? On fait de la mise en confiance qui, ensuite, conduit à de la responsabilisation.
La recyclerie prend une part importante dans l’activité. Nous valorisons plus de la moitié des produits donnés. Les objets qu’on récupère et qu’on ne recycle pas : comment peut-on les valoriser ? En objets artistiques et culturels ? Que peut-on inventer ? Ouvrir un musée ? Quelle place donner à l’artistique et au culturel ? Animer des ateliers pour apprendre à consommer autrement, pour valoriser autrement. Comment voit-on Emmaüs dans 25 ans ? Il faut qu’on arrive à les interpeller, à les provoquer, à les amener à se poser les bonnes questions. On veut réviser nos statuts pour nous protéger et être fidèle à notre utopie, en gardant cet esprit. Comment garder notre indépendance et notre autonomie ?
Texte issu d'un débat auquel ont participé les membres de la Communauté Emmaüs Lescar-Pau le 25 juin 2009