default logo

Là-bas, à Emmaüs Lescar Pau

A l’occasion de sa venue, au Village Alternatif, Daniel Mermet, co-fondateur d’ATTAC et producteur de l’émission « Là-bas si j’y suis » nous transmet son ressenti. Emancipation et Egalité, deux concepts, qui résume, selon le journaliste, le projet politique mis en place à Emmaüs Lescar Pau.

Quel est votre impression après votre visite du Village Alternatif de Lescar ?

C’est un paradis. Il y a des idées qui se rencontrent ici et c’est le fruit d’une très longue expérience basée sur la solidarité. L’adage dit « Changer le pansement ou penser le changement ». Et bien le changement ici est concret. Il y a beaucoup de gens qui se lancent dans des œuvres de solidarité mais c’est toujours du court terme. Ici les liens, les projets mis en place tiennent. Le Village Emmaüs propose un véritable modèle politique.

Qu’y a-t-il de politique justement à Emmaüs Lescar Pau ?

Les personnes qui s’engagent au Village, dans cette expérience politique, construisent ensemble une alternative aux inégalités. Le fait de ne rien recevoir sans devoir rendre en contrepartie permet de sortir des schémas propres à la charité. On est loin de la bourgeoisie du coin qui s’achetait une bonne conscience en donnant aux personnes en situation de grande précarité. Là ce qui est important c’est qu’on est plus dans l’humiliation. Les membres du Village participent au développement du lieu et c’est là que tout change. Ce projet politique pourrait s’étendre à l’échelle d’une municipalité.

Si vous deviez ne retenir qu’une chose du Village, quelle serait-elle ?

La grande réussite de ce lieu il me semble, c’est d’avoir trouvé par tâtonnements le bon fonctionnement du Village. Au milieu de tous ces moments heureux, on imagine aussi que les conflits ne doivent pas manquer. La critique, le débat sont des enjeux importants. Et puis, ici les gens ont encore la foi. La foi en un horizon à long terme qui ne s’arrête à la fin de la Covid, à l’efficacité d’un vaccin ou à la victoire de Mélenchon contre Le Pen. Ici les projets s’inscrivent dans une temporalité plus vaste, où la foi s’ancre dans la capacité des hommes à changer les choses.

Quelle relation voulez-vous instaurer entre « Là-bas si j’y suis » et le Village Alternatif de Lescar ?

Si nous organisons une émission au Village, il faut qu’elle se fasse en public. Le contexte de l’épidémie ne permet pas pour l’instant de proposer un événement de cette sorte. Et puis, beaucoup de journalistes ont déjà écrit et parlé du Village. Nous voulons apporter quelque chose de nouveau et d’original.