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Portrait du jour

Alice nous partage son expérience de stagiaire au Village Emmaüs Lescar-Pau

 

Alice a 21 ans, elle est étudiante en architecture en 4ème année à Clermont-Ferrand. Elle a pris une année de césure pour découvrir la réalité du terrain, la pratique du chantier. Elle effectue un stage de six mois au sein du Village Emmaüs Lescar-Pau à l’atelier écoconstruction.

Pourquoi avoir choisi le Village Emmaüs Lescar-Pau comme lieu de stage ?

J’ai connu le Village Emmaüs Lescar-Pau par le biais d’un ami venu en tant que bénévole lors d’un Festival. Quand il m’a parlé des maisons originales du Village, je me suis renseignée sur ce lieu. J’ai tout de suite été séduite par la conception des habitations avec les matériaux de récupération et le principe du chantier participatif. De plus, le Village Emmaüs Lescar-Pau correspond parfaitement avec mon mémoire de fin d’étude : L’architecture alternative.

Peux-tu nous dire ce que tu fais pendant ton stage ?

Depuis un mois, j’ai intégré l’équipe de l’écoconstruction, en ce moment nous travaillons sur l’extension de l’épicerie, la construction du nouveau bar et de la nouvelle crêperie. Nous faisons le chantier de A à Z, c’est-à-dire de la fondation à la toiture. Chaque journée est différente selon l’avancement du chantier. J’ai aussi travaillé sur le chantier du village gaulois, pour monter le toit de chaume. Nous allons bientôt travailler sur la construction des murs en ossature bois, à l’atelier. Ici, j’ai la chance de découvrir toute la construction, dans tous les domaines ce qui n’aurait pas été possible dans une autre entreprise souvent spécialisée dans un seul domaine.

Je vis sur place, dans la maison du chat perché ce qui permet de vivre à fond l’expérience de la communauté, de faire de belles rencontres. La situation géographique du Village permet de pouvoir bouger le week-end, de visiter Pau, de randonner dans les Pyrénées…

Qu’as-tu appris ici ?

J’apprends tout ce qui concerne le chantier.  A l’école nous faisons des études de dessin, mais finalement c’est très théorique. J’ai compris toute la complexité du chantier : les différents types de béton, l’utilisation des outils, les logiques du terrain… Je ne sais pas si je vais réussir à m’approprier tout ce savoir-faire. Heureusement il me reste encore cinq mois pour assimiler toutes ces nouvelles techniques et en apprendre d’autres !

Ce que tu retiens le plus de ce stage ?

En plus de tout ce que j’apprends ici au niveau des techniques du terrain, je me suis rendue compte de la place de l’architecte lors d’une construction. C’est à lui de connaître exactement l’emplacement des installations afin assurer un suivi facile après la construction, et assurer une qualité d’espace.

Je fais de belles rencontres ici, avec des gens très différents et des expériences de vie incroyable. La bienveillance et la solidarité entre les compagnons et une belle leçon de vie.

Si tu avais un message à passer aux futurs stagiaires ?

Selon vos attentes de stage, et les différents secteurs qui se trouvent sur le Village, vous pouvez tenter l’expérience !

 

On a volé les abeilles d’Emmaüs

Hier soir, le rucher de Labastide-Cézéracq, où sont implantées les ruches d’Emmaüs, a été vandalisé. Huit ruchettes ont été vidées de leur abeilles par un inconnu. « Un acte criminel », selon André Lavignotte, qui touche pour la première fois de son histoire le village Emmaüs Lescar Pau. 

Au milieu des ruches où dansent les abeilles, huit d’entre elles, restent tristement vides.  Les 70 000 abeilles qui occupaient les huit ruchettes, ont été volées. « C’est forcément une main experte qui a vidé les cadres de leurs abeilles. Un amateur ne peut pas réaliser un geste aussi technique que celui-ci. C’est criminel ». André reste abattu en ouvrant ses ruches où quelques butineuses égarées cherchent à se nourrir.

L’incident a eu lieu hier, à l’abri des regards, entre deux champs où poussent le sarrazin nécessaire à l’alimentation des abeilles. « Je suis arrivé sur place hier pour implanter un essaim de 50 000 abeilles, trouvé derrière un feu rouge à Pau. J’ai immédiatement compris qu’il y avait un problème, poursuit l’apiculteur du village depuis quarante ans. Un essaim qui quitte la ruche pour aller s’implanter ailleurs, ça peut arriver mais huit en même temps c’est impossible. » déplore André.

La recrudescence des frelons asiatiques était déjà une menace importante pour le Village Emmaüs, contraint de déplacer ses ruches pour éviter que les abeilles soient dévorées. « Maintenant il faut aussi protéger nos insectes des hommes, ajoute Gérald, compagnon au village. ». Pour éviter un nouveau vol, le dernier essaim implanté il y a deux jours a été installé chez un particulier, derrière une grille fermée. « Bon, ici elle va être bien », murmure André avant de fermer le toit de la ruche où butinent les précieuses apidés.


La Tinda fête sa monnaie à Emmaüs Lescar-Pau.

L’objectif de cette journée pour les participants était simple : faire la Tinda une monnaie ancrée dans son territoire et circulant librement dans tout le Béarn. C’est sur la place du village d’Emmaüs Lescar-Pau que la monnaie locale a fêté son cinquième anniversaire.

« Sur les marchés, les clients ne sortent pas systématiquement des billets de Tinda de leur poche. Mais petit à petit je suis sûre que les habitudes vont changer », affirme Eva, fondatrice de la marque « Un Brin Séché » qui propose des fruits déshydratés à très basse température. Cette jeune commerçante faisait partie du premier groupe de décroissants réunis à Oloron Sainte-Marie pour imaginer la conception de cette monnaie. Aux côtés de ces commerçants à l’initiative de ce projet, de nouveaux adhérents rejoignent le mouvement. Une quinzaine d’entreprises et d’associations ont adhéré ce matin à l’occasion de cette fête. Désormais sur Pau, Gan, Billères, des collectifs proposant des jeux de société, des crêpes ou encore des produits lactofermentés accepteront les paiements en Tinda.

« Je ne connaissais pas la Tinda, s’exclame Pham son portable rivé sur les ardoises où le T apostrophe de la Tinda a remplacé tous les euros. Mais je viens tous les samedis à Emmaüs pour meubler maison, ça m’a permis de découvrir cette monnaie ». A l’épicerie du village, comme en caisse, les clients affluent avec pour devise les billets aux couleurs du Béarn. « Je suis sûre que cet argent permettra d’aider des commerçants locaux, et ne servira pas la spéculation financière », déclare avec conviction Samuel, jeune militant venu passer sa journée au village.

L’objectif de fréquentation fixé par les organisateurs de la fête de la Tinda a été atteint. Plus de 200 personnes sont venues se renseigner, adhérer et acheter grâce à leurs nouveaux billets. L’occasion pour certains de découvrir en même temps le village Emmaüs Lescar Pau et son nouveau quartier gaulois.

 

Notre territoire en danger!

Un projet de méga-scierie industrielle menace l’équilibre de la biodiversité dans les Pyrénées. La multinationale italienne du bois FLORIAN compte s’installer à Lannemezan dans les Hautes-Pyrénées afin de transformer 50 000 m3 de hêtres pour en faire du bois d’oeuvre. Le collectif SOS Pyrénées tire la sonnette d’alarme.

L’équivalent de 1200 stades de football pourrait être mis à blanc chaque année si le projet de scierie voit le jour. Un désastre écologique, financé à 60% par l’argent public. En effet, la région Occitanie étudie actuellement la faisabilité du projet. Le maire de Lannemezan parle d’une aubaine pour la région, l’occasion de permettre « une meilleure gestion forestière », et de « créer 120 à 130 emplois sur le plateau » tout en assurant à la collectivité « un revenu de 4 à 5 millions par an « . Les associations naturalistes sont vent debout et s’opposent fermement à l’ouverture de la scierie.

Une marche est organisée le 10 octobre prochain sur tout le massif pyrénéen pour lutter contre l’installation la multinationale italienne. Le Village Emmaüs Lescar-Pau s’associe au mouvement « Touche pas à ma forêt » afin de préserver la biodiversité de notre région.

Ma vie de tomate heureuse à Emmaüs Lescar-Pau

Ma vie de tomate heureuse à Emmaüs Lescar-Pau

Le temps des récoltes bat son plein sur la ferme d’Emmaüs. Tandis que les premiers légumes d’automne commencent à colorer les étals de l’épicerie, le produit phare reste la tomate. Des serres à l’atelier de transformation en passant par l’épicerie, retour sur le parcours des légumes qui permettent au Village Emmaüs Lescar-Pau de se rapprocher de l’autonomie alimentaire. 

 

Cueillie avec amour

Alexandre et Claire, deux bénévoles arrivés récemment sur le Village d’Emmaüs Lescar Pau s’appliquent à ramasser les tomates mûres. « J’ai démissionné de mon poste de psychomotricienne, je ne m’y retrouvais plus du tout, explique Claire son sécateur à la main. Ici au moins je respire, j’aime beaucoup travailler à la ferme. Je m’y sens bien ». Alexandre, arrivé au village à l’occasion de la conférence du 26 août dernier, tâte la fermeté de chacun des fruits avant de les ramasser. « Je n’ai pas pu faire de jardin chez moi cette année. Je suis ravi de pouvoir contribuer à celui-ci », confie le jeune bénévole. Les tomates sont pesées, puis placées dans ce grand bac. Elles seront ensuite redistribuées entre les différents secteurs du village

Transformée avec soin

L’année dernière, le village avait produit plus d’une tonne de tomates. Aujourd’hui, David apporte cinquante kilos à l’atelier afin de réaliser des sauces tomates, de la ratatouille ou du gaspacho revendus ensuite à l’épicerie du village. Le réfectoire et le restaurant proposeront aussi ces tomates cultivées sur sol vivant. « Notre objectif est simple, précise David. Nous voulons proposer de belles tomates, colorées et aux formes variées (comme la Cornu des Andes, la noire de Crimée, ou encore la cœur de bœuf). Nous privilégions aussi le goût et l’aspect nourrissant du fruit. »

Une tomate heureuse sur un sol vivant.

La terre sur laquelle poussent ces tomates est travaillée afin de la rendre la plus vivante possible. Du compost est déposé au pied de la plante et du paillage répandu entre les allées afin de limiter la pousse d’herbes indésirables. L’introduction de la paille et du Bois Raméal Fragmenté stimulent la nourriture des sols et le développement d’organismes vivants (champignons, verre de terre et bactéries) qui permettent au pied de tomate de jouir d’une grande variété de nutriments.

La production de légumes dans le jardin d’Emmaüs se développe d’année en année. Le village est autonome à 70% en légumes. L’objectif n’est pas à une autosuffisance totale, afin de continuer de travailler avec les producteurs locaux.

Une tomate heureuse sur un sol vivant.

 

La terre sur laquelle poussent ces tomates est travaillée afin de la rendre la plus vivante possible. Du compost est déposé au pied de la plante et du paillage répandu entre les allées afin de limiter la pousse d’herbes indésirables. L’introduction de la paille et du Bois Raméal Fragmenté stimulent la nourriture des sols et le développement d’organismes vivants (champignons, verre de terre et bactéries) qui permettent au pied de tomate de jouir d’une grande variété de nutriments.

La production de légumes dans le jardin d’Emmaüs se développe d’année en année. Le village est autonome à 70% en légumes. L’objectif n’est pas à une autosuffisance totale, afin de continuer de travailler avec les producteurs locaux.

Un trésor patrimonial sauvé de l’oubli

Plus de 500 plaques photographiques en verre prises entre 1870 et 1930 ont été données par un particulier à la recyclerie d’Emmaüs Lescar-Pau la semaine dernière. Un témoignage exceptionnel sur la vie des palois.e.s au début du siècle dernier qui alimentera le fond des archives de l’agglomération.

Les deux caisses en plastique de petites boites en carton sont arrivées sur le bureau de Jean-Pierre la semaine dernière comme un cadeau du ciel. « « Je n’ai jamais vu des plaques photos de cette qualité », s’émerveille le compagnon rattaché au secteur de l’électronique. A travers les oculaires du stéréoscope, c’est le quotidien des béarnais du début du XXème siècle qui défile.

Jean-Pierre découvre les plaques de verre à l’aide du stéréoscope

 

SCENES DE VIE

Trois enfants, pied nus et cheveux ébouriffés posent devant un abri de fortune. « Sûrement une famille de gitans de passage sur Pau », commente Vanina Joveneau, responsable des archives communautaires et présente pour la découverte de ce trésor aux côtés d’Anne Molier, de la bibliothèque patrimoniale. « Ces clichés sont extrêmement rares, poursuit-elle. Les témoignages d’ouvriers, des gens du peuple disparaissent rapidement. La culture de l’archivage est celle détenue par les classes dirigeantes. »  Une autre plaque révèle deux randonneurs qui posent émerveillés devant le Pic d’Ossau. Plus loin, mulets, chevaux et bêtes de ferme immortalisent une foire de Pau. Les éleveurs endimanchés pour l’occasion posent fièrement, le poing sur la hanche.

« UN TRES BEAU FOND ».

Certaines plaques retiennent plus particulièrement l’attention des spécialistes réunis pour l’occasion. Et pour cause, le talentueux, mais anonyme, photographe qui avait réalisé ces clichés, s’est appliqué à colorer certaines plaques avec du fécule de pomme de terre. Des photos, datées de 1912, laissent apercevoir des portraits de femmes, aux joues roses et aux vêtements pastels, posant devant des buissons d’hortensias fusia.

« UN COUP DE PLUIE ET TOUT AURAIT ETE DETRUIT ».

Le Village Emmaüs Lescar-Pau a offert l’intégralité des plaques à la bibliothèque patrimoniale de Pau. Toutes les plaques seront précieusement conservées, classées et étudiées. « Ces supports offrent un témoignage ethnographique et géographique incroyable sur notre territoire » insiste Mme Molier. Un trésor fragile, désormais mis à l’abri, et qui permettra d’animer des ateliers pédagogiques au sein de l’Usine des Tramways.

Samedi 19 septembre

Samedi 19 septembre, le Village Emmaüs Lescar-Pau accueille le festival de la Tinda, votre monnaie locale !

La journée sera riche en animations entre 10h et 22h : ateliers créatifs pour enfants et adultes, concerts, mais aussi des conférences débats sur les enjeux de la Tinda dans le Béarn.

Oncompte sur votre présence !

Les compagnons d’Emmaüs Toulouse en visite sur le Village de Lescar-Pau.

Quatorze compagnons toulousains ont été accueillis hier pour visiter le Village Emmaüs de Lescar-Pau. L’occasion, pour eux, de découvrir une organisation différente tout en partageant la même idéologie : la construction d’une utopie politique et l’entraide inconditionnelle.

 

« C’est fou tout l’espace que vous avez ici ! » s’exclame Greg, compagnon toulousain depuis un an, installé à l’ombre du quartier gaulois. « Vous vivez au milieu de la nature, il y a des arbres partout ». Après une journée à arpenter les allées et les hangars du village, les quatorze compagnons de la ville rose font le bilan. « Ce qui est incroyable chez vous, remarque Elena, c’est votre capacité à recevoir autant de dons, de déchets, tout en pouvant à chaque fois, leur trouver une deuxième vie. » Elena, chargée du tri de la vaisselle et du bois à Toulouse, avait déjà fait le déplacement il y a deux ans en 2018. « Le village Emmaüs s’est métamorphosé, il n’y avait pas toutes ces installations » ajoute-t-elle en pointant du doigt la couverture en roseau de Camargue, fraîchement installée au-dessus des tables en bois.

 

ATTEINDRE L’AUTONOMIE ALIMENTAIRE

 

Le point fort de la visite a été marqué par le repas au réfectoire. Salade de tomate du jardin et brochettes de canard de la ferme étaient au menu. « A Toulouse, il nous arrive de manger des produits surgelés envoyés par la Banque Alimentaire. Ici tout est tellement savoureux. » confie l’un d’entre eux. L’autosuffisance alimentaire est un objectif convoité par les compagnons de Toulouse. Le confinement a été l’occasion pour eux d’initier un petit potager mais la ferme de 3ha reste encore un modèle à atteindre.

 

Augostin Gomez, à l’initiative de la visite espère renforcer les liens entre les deux communautés. « Nous attendons nos camarades palois pour leur montrer les originalités de notre site et parler alternative pour imaginer le monde de demain ».